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Témoignage de Marie Léonard à la UNTI (UPOCAM) – Equateur

Période : Septembre 2009 – Janvier 2010

« Ca fait aujourd’hui un peu plus d’un mois que je suis arrivée en Equateur. On peut dire que le temps est passé très vite ! Je suis ici grâce à l’association MATM, qui m’a proposé un stage à la Unti, Unidad Educativa Popular Particular a Distancia « Nuestra Tierra », dans la petite ville d’El Empalme, dans la région de la Costa. Très vite, je me suis adaptée, même si la vie ici est très différente de celle que je mène en Belgique. Je crois que je le dois à toute l’équipe de la FMLGT et à son accueil très chaleureux !

La Unti est un collège à distance qui offre des cours seulement le samedi. Elle a été créée au départ pour les adultes qui n’ont pas pu finir leur scolarité et qui n’ont pas la possibilité

de se rendre quotidiennement à l’école en raison de leur travail. On peut constater aujourd’hui que de plus en plus de jeunes étudiants choisissent cette forme d’enseignement parce qu’ils doivent travailler, parce qu’ils ont une famille dont ils doivent s’occuper ou parce qu’ils doivent aider leurs parents.

La Unti est un collège qui a choisi comme groupe cible les agriculteurs qui vivent dans les alentours de El Empalme, dans des sites appelés des « comunidad ». Le collège propose les trois dernières années du cycle basique (c’est-à-dire la huitième, neuvième et dixième année) et deux « bachilleratos » qui sont un cycle secondaire qui permet d’accéder à des études universitaires. Le premier s’intitule « Agriculture vivrière » et le deuxième « Sciences sociales avec qualification en gestion du développement local ». Le collège compte aujourd’hui 71 élèves. Ce n’est pas suffisant, il faudrait en recruter plus, afin d’avoir plus de fonds et de pouvoir améliorer la Unti et afin de pouvoir ouvrir d’autres filières, telles que le tourisme local. Je travaille notamment sur cette problématique, en tentant de promouvoir la Unti dans les communautés d’agriculteurs de la région.

Je réalise actuellement un diagnostique de la Unti, en faisant des enquêtes, en observant son fonctionnement, en interrogeant les professeurs, les étudiants, les coordinateurs,… Grâce à ce diagnostique, nous pourront identifier les faiblesses, les manques, bref tous les éléments que la Unti doit tenter d’améliorer.

Ce qui me plait énormément ici, c’est la diversité de mon travail! En effet, la Unti dépend d’une fondation dénommée « Fundación Maria Luisa Gomez de la Torre ». Celle-ci possède deux branches : la Unti, qui est la partie éducation, et une partie production. Grâce à cette double facette, je suis amenée à découvrir la vie des agriculteurs, leurs difficultés à survivre, à produire et surtout à vendre leurs produits.

A côté de mon travail à la Unti, je vis des expériences fantastiques que je n’aurais jamais pensé vivre. Je découvre un pays plein de richesses et de magnifiques paysages. Mais je découvre aussi un pays qui a du mal à se développer, qui est d’une pauvreté extrême et qui essaie tant bien que mal de survivre dans ce monde.Pour donner un exemple, actuellement, l’Etat coupe l’électricité plusieurs heures par jour partout dans le pays car il ne pleut pas : c’est un grand barrage qui fournit l’énergie pour l’électricité et il est à sec pour le moment.

Je vis donc dans la fondation avec toute l’équipe, qui se compose de sept garçons. La vie en communauté n’est pas toujours toute rose mais grâce à eux, je ne m’ennuie pas une seconde. Ils sont toujours prêts à m’emmener partout, pour que je découvre leur pays dont ils sont si fiers ! Je visite les communautés, pleines de champs de cacao, de bananes, d’ananas, de mangues, de papayes, et j’en passe ; je découvre des saveurs exquises, des fruits dont je n’avais jamais entendu parler ; je mange beaucoup de riz, qui est l’aliment de base ici et beaucoup de poulet ! Je découvre de nouvelles façons de voyager, comme par exemple sur le toit d’un bus, en pirogue ou encore sur la remorque d’une camionnette ! Je rencontre énormément de gens qui sont tous très sympathiques, qui n’hésitent pas à engager la conversation pour mieux me connaître. Au cas où vous ne le sauriez pas, la femme du président actuel de l’Equateur, Rafael Correa, est belge ; je pense qu’à chaque personne à qui j’ai dit que j’étais belge, toutes m’ont donné cette information ! Bref les gens d’ici sont vraiment très accueillants !

Je remercie donc de tout cœur l’association MATM qui m’a permis de faire ce stage ici et de découvrir toutes ces belles choses ! »